Jamel Eddine Bencheikh


Retrouvé un texte, paru en 1997, écrit par Jamel Eddine BENCHEIKH

extrait de
Cantate pour le pays des îles - éd. Marsa


Désert

--- Partout se hâtent les monstres
--- Les uns ont de vieux masques familiers
--- et la mâchoire éteinte qui ne mord
--- que par sournoise habitude
--- mais qui tient le temps prisonnier
--- sans le laisser monter aux étoiles
--- Les autres ont même face
--- Jeunes ceux-là qui clament leurs versets
--- hagards
--- La main déjà allumée
--- ils ont traduit le Livre dans leur langue
--- Là où il chantait la tendresse
--- Eux lisent la terreur
--- Là où il gémissait de pitié
--- Eux entendent le meurtre
--- Avec ses sourates
--- ils construisent des prisons
--- Et chacun de leurs souffles lance
--- une fumée
--- qui court noircir le soleil


Ce texte, repris sur le site Poezibao, était accompagné d'une courte notice biographique :
Jamel Eddine Bencheikh est né à Casablanca en 1930. Il a poursuivi des études d'arabe et de droit à Alger, puis d'arabe à Paris où il passe l'agrégation en 1961.
Il rentre en Algérie en 1962 et enseigne à Alger à la Faculté des Lettres où il crée la section de littérature comparée.
Il revient en France en 69, chargé de cours au CNRS jusqu'en 1972 puis Professeur à Paris VIII et à Paris IV-Sorbonne jusqu'en 1997.
Il se retirera en Touraine où il se consacre essentiellement à la traduction des Mille et Une Nuits, avec André Miquel, et surtout à son oeuvre poétique.
Il est mort à Chatnizay en 2005.

Jacques Brel


Dans la situation actuelle, cette chanson m'est revenue en mémoire ....
Elle sonne "juste" !



---------- !diablotin


JACQUES BREL - ÇA VA (le Diable)

extrait


Il y a toujours un peu partout
Des feux illuminant la terre ça va
Les hommes s'amusent comme des fous
Aux dangereux jeux de la guerre ça va
Les trains déraillent avec fracas
Parce que des gars pleins d'idéal
Mettent des bombes sur les voies
Ça fait des morts originales
Ça fait des morts sans confession
Des confessions sans rémission ça va

Rien ne se vend mais tout s'achète
L'honneur et même la sainteté ça va
Les États se muent en cachette
En anonymes sociétés ça va
Les grands s'arrachent les dollars
Venus du pays des enfants
L'Europe répète l'Avare
Dans un décor de mil neuf cent
Ça fait des morts d'inanition
Et l'inanition des nations ça va

Les hommes ils en ont tant vu
Que leurs yeux sont devenus gris ça va
Et l'on ne chante même plus
Dans toutes les rues de Paris ça va
On traite les braves de fous
Et les poètes de nigauds
Mais dans les journaux de partout
Tous les salauds ont leur photo
Ça fait mal aux honnêtes gens
Et rire les malhonnêtes gens.
Ça va ça va ça va ça va